Pour se lancer en tant que chauffeur VTC, il faut commencer par acheter un véhicule. Mais entre le crédit auto classique, la LOA ou le crédit-bail et les autres options, difficile de s’y retrouver. Faut-il devenir propriétaire pour capitaliser, ou préférer la souplesse du leasing ?
Tout dépend de votre apport, de votre statut fiscal et de votre projet de roulement. On vous aide à y voir plus clair sur les solutions de financement de votre voiture VTC.
Option n°1 : le crédit auto classique
C’est la voie de la propriété. Vous empruntez, vous achetez, et le véhicule est à vous. Vous payez pour posséder un actif que vous pourrez revendre plus tard.
Les avantages du crédit auto classique
- Propriété immédiate : contrairement au leasing, la carte grise est à votre nom (ou celui de votre société) dès le premier jour.
- Liberté totale de mouvement : pas de forfait kilométrique.
- Souplesse de revente : vous avez besoin de vendre la voiture au bout de 18 mois pour monter en gamme ou changer de projet ? Vous le faites librement, sans avoir à négocier une rupture de contrat avec un loueur.
- Coût total souvent plus bas : si vous comparez le coût du crédit (intérêts) au coût d’une LOA sur 5 ans, le crédit classique est généralement plus économique.
Les inconvénients du crédit auto classique
- Impact sur le bilan : le crédit est inscrit comme une dette dans votre comptabilité. Cela peut freiner votre banque si vous avez besoin d’un autre prêt pour un projet personnel ou professionnel en parallèle.
- Décote et usure : un véhicule perd énormément de valeur chaque année. En étant propriétaire, c’est vous qui portez le risque de la revente.
- Trésorerie et TVA : dans un achat classique, vous devez souvent financer la TVA en totalité au moment de l’achat (même si vous la récupérez plus tard en société). Cela demande une avance de fonds plus importante que le leasing.
- Entretien à votre charge : pas de « pack entretien » inclus.
Option n°2 : le leasing, Location avec Option d’Achat (LOA) ou crédit-bail
Le leasing, c’est l’option préférée de nombreux chauffeurs, car elle permet de rouler dans un véhicule récent sans bloquer tout son capital. Vous louez votre voiture sur une durée fixée (généralement entre 1 et 6 ans) avec un loyer mensuel connu à l’avance.
Le contrat est calibré pour le VTC, notamment sur le kilométrage annuel. C’est un point important, car on ne roule pas autant en privé qu’en professionnel. À la fin du contrat, vous avez le choix : soit vous rendez les clés pour repartir sur un modèle neuf, soit vous rachetez le véhicule pour en devenir le propriétaire.
Les avantages de la location avec Option d’Achat
- Trésorerie préservée : vous n’avez pas besoin de sortir 30 000 € ou 40 000 € d’un coup. L’apport (souvent appelé premier loyer majoré) est généralement plus faible que pour un crédit classique.
- Fiscalité « poids plume » : si vous êtes en société (SASU, EURL), les loyers passent en charges. Cela réduit directement votre bénéfice imposable et donc vos impôts. En plus, la TVA est lissée sur chaque mois au lieu d’être payée en bloc au départ.
- Zéro tracas pour la revente : en VTC, une voiture prend 50 000 km par an. Sa valeur chute vite. Avec la LOA, si vous ne voulez pas racheter le véhicule à la fin, vous le rendez et vous repartez sur un modèle neuf sans vous soucier de trouver un acheteur.
- Liberté de décision : contrairement à la LLD (location longue durée), vous gardez le droit de racheter la voiture à la fin si elle est encore en bon état et que le prix de rachat est intéressant.
Les inconvénients de la location avec Option d’Achat
- Le coût total : si on fait le calcul sur 4 ou 5 ans, une LOA coûte souvent plus cher qu’un crédit classique à cause des intérêts et des frais de dossier cachés.
- La prison du kilométrage : c’est le gros point noir pour un chauffeur. Si vous signez pour 40 000 km/an et que vous en faites 60 000, la facture de régularisation à la fin peut être très salée.
- L’entretien et l’état : si vous rendez le véhicule, il doit être impeccable. Les frais de remise en état peuvent gâcher la fin du contrat.
- Pas de patrimoine immédiat : tant que vous ne le rachetez pas, le véhicule ne vous appartient pas. C’est une charge, pas un actif dans votre bilan.
Option n°3 : le prêt personnel
Contrairement au crédit auto qui est affecté, le prêt personnel est un crédit à la consommation dont vous disposez librement. La banque vous verse la somme sur votre compte, et vous n’avez pas besoin de lui envoyer le bon de commande ou la facture du véhicule pour débloquer les fonds.
Les avantages du prêt personnel
- Pas de comptes à rendre : vous achetez ce que vous voulez, où vous voulez. C’est l’idéal pour saisir une super occasion
- Rapidité de déblocage : comme il n’y a pas de paperasse liée au véhicule (carte grise, facture pro-forma), les fonds arrivent souvent plus vite sur votre compte
- Financement tout-en-un : vous pouvez emprunter un peu plus que le prix de la voiture pour couvrir les frais annexes
- Sécurité en cas d’annulation : si vous changez d’avis sur le modèle de voiture au dernier moment, l’argent est déjà là. Vous n’avez pas à refaire un dossier de crédit de zéro.
Les inconvénients du prêt personnel
- Des taux plus élevés : pour la banque, c’est un prêt plus risqué puisqu’elle n’a pas la voiture en garantie. Le taux d’intérêt est souvent un cran au-dessus du crédit auto classique
- Remboursement immédiat : le compteur tourne dès que l’argent est sur votre compte. Si la livraison de la voiture prend du retard, vous commencez à rembourser vos mensualités alors que vous ne travaillez pas encore
- Protection limitée : dans un crédit affecté, si la vente est annulée, le crédit s’annule aussi. Avec un prêt personnel, le contrat est indépendant : si le vendeur vous fait faux bond, vous avez toujours le crédit sur les bras et les intérêts à payer.
- Capacité d’emprunt : le crédit personnel impacte directement votre taux d’endettement privé. Cela peut compliquer un futur projet d’achat immobilier, par exemple.
Comparatif des options de financement pour votre véhicule VTC
Nos conseils pour décrocher votre financement de véhicule VTC
On entend souvent dire qu’obtenir un prêt bancaire pour devenir chauffeur VTC est un parcours du combattant, surtout quand on démarre de zéro. Certains pensent même qu’être au chômage ou étudiant ferme définitivement les portes des banques.
C’est une croyance limitante. Vous pouvez transformer un « Non » en « Oui » avec un dossier impeccable.
La méthode pour convaincre votre banquier de financer votre voiture
Si vous suivez une méthode rigoureuse, obtenir un financement de votre véhicule est possible, peu importe votre point de départ. Pour rassurer le prêteur, vous devez vous présenter comme un véritable chef d’entreprise avec un dossier solide comprenant :
- Un business plan et des prévisionnels rodés : nous vous aidons à construire un document béton qui intègre tous les frais (carburant, entretien, pneus).
- Des preuves concrètes : ne venez pas avec des estimations floues. Présentez des devis d’assurance et des devis de véhicules précis
- Un pitch préparé : vous devez incarner votre projet. Montrez votre professionnalisme, votre connaissance du secteur et votre détermination.
Stratégie de terrain : visez le décideur
Dans le cadre de votre création, vous allez solliciter un prêt professionnel. Pour maximiser vos chances :
- Ciblez le bon interlocuteur : demandez à rencontrer le directeur d’agence. C’est lui qui a le pouvoir de décision et qui peut débloquer les fonds rapidement après l’entretien.
- Ne baissez pas les bras : un premier refus n’est pas une fin en soi. Comme tout entrepreneur, vous devez faire preuve de persévérance. Consolidez votre dossier, tirez les leçons des retours et faites jouer la concurrence entre les banques.
Le chiffre clé : restez réaliste pour être rentable
L’expérience parle pour nous : plus de 1000 de nos clients ont obtenu un financement à 100 % alors qu’ils étaient en phase de création pure.
Cependant, il y a une règle d’or : visez un financement aux alentours de 20 000 €. Demander plus pour un premier véhicule est souvent irréaliste et risqué. Un véhicule trop coûteux au départ écrasera votre rentabilité. L’objectif est de générer du chiffre d’affaires rapidement pour monter en gamme plus tard.
Faire baisser la facture
Pour alléger votre investissement de départ, il y a le bonus écologique et la prime à la conversion.
Le Bonus s’applique directement sur l’achat ou la location de longue durée de véhicules neufs (et parfois d’occasion récents), ce qui permet de réduire la facture de plusieurs milliers d’euros. En complément, si vous mettez à la casse un ancien véhicule thermique, la prime à la conversion vient gonfler votre apport. Cumuler ces aides peut représenter une belle économie.
Et si la banque dit non ?
Si malgré un dossier béton, les banques classiques ne suivent pas, des alternatives sérieuses existent. Des organismes comme l’ADIE accompagnent les créateurs et peuvent financer votre premier véhicule jusqu’à 10 000 €.
Certes, les taux y sont plus élevés (autour de 6 à 7 % contre 1 à 2 % en banque classique), mais c’est un excellent tremplin. Achetez un véhicule d’occasion propre, commencez à produire de l’excédent brut de trésorerie, et vous pourrez bientôt autofinancer la voiture de vos rêves. Votre condition actuelle (chômeur ou étudiant) n’est pas un frein. Ce qui compte, c’est la solidité du projet que vous posez sur le bureau du banquier.
Financement voiture VTC : les réponses à vos questions
Quelles sont les différentes options pour le financement de votre voiture VTC ?
Plusieurs options s’offrent à vous : du prêt personnel au crédit auto classique en passant par le leasing. BVTC Conseil et ses experts comptables, spécialisés dans le VTC sauront vous guider pour choisir la solution la plus adaptée à votre situation.
Quelle banque choisir pour le financement de voiture VTC ?
Même bien préparé(e), vous devrez peut-être présenter votre prévisionnel à plusieurs banques. Nous vous conseillons pour choisir sereinement la banque qui convient à votre situation et vous accompagnons pour préparer tous les documents nécessaires.
Le crédit-bail est-il accessible aux auto-entrepreneurs ?
Oui, mais c’est plus complexe. Les loueurs préfèrent souvent les sociétés de capitaux (SASU/EURL) pour des raisons de garanties. En auto-entrepreneur, on vous orientera plus facilement vers une LOA classique. Attention cependant : en auto-entrepreneur, vous ne récupérez pas la TVA, ce qui rend le leasing souvent moins avantageux que pour une société.
Que se passe-t-il en cas de panne avec un leasing ?
C’est l’un des grands avantages du leasing (LOA/Crédit-bail) : la plupart des contrats incluent une garantie constructeur étendue ou un contrat de maintenance. Si votre moteur lâche, vous n’avez pas à sortir des milliers d’euros de votre poche. Vérifiez bien les clauses d’assistance pour bénéficier d’un véhicule de remplacement, indispensable pour ne pas perdre de chiffre d’affaires.
Quel est l’âge maximum pour un véhicule VTC d’occasion ?
Votre véhicule doit avoir moins de 7 ans (sauf pour les véhicules hybrides et électriques ). Si vous achetez d’occasion pour réduire vos mensualités, calculez bien votre durée de financement pour ne pas vous retrouver à payer un crédit pour une voiture qui n’a plus le droit de circuler en VTC.
Peut-on obtenir un prêt à 100 % sans apport ?
Les banques demandent généralement un apport pour prouver votre engagement. Toutefois, certains dispositifs comme le micro-crédit (Adie) ou des garanties spécifiques pour les créateurs d’entreprise peuvent aider si votre dossier est impeccable.
Que se passe-t-il si je veux arrêter mon activité avant la fin du crédit ?
En crédit classique : vous vendez la voiture, vous soldez le prêt par anticipation, et c’est réglé.
En LOA / Crédit-Bail : c’est plus complexe. Rompre un contrat de leasing coûte cher (pénalités). Cependant, vous pouvez opter pour le transfert de bail : vous trouvez un autre chauffeur qui reprend votre contrat et vos mensualités.
À la fin de mon crédit-bail, dois-je racheter la voiture ?
Vous avez trois options, et le choix dépend de l’état du marché :
- Vendre le véhicule à un tiers : si la cote de la voiture est supérieure à votre option d’achat, vous pouvez la vendre directement à un autre chauffeur. Vous soldez l’option d’achat auprès du loueur et vous gardez la différence (la plus-value) pour vous.
- Lever l’option d’achat : vous payez la valeur résiduelle (souvent faible) et vous devenez propriétaire. C’est rentable si la voiture est encore en bon état.
- Restituer le véhicule : vous repartez sur un nouveau contrat avec une voiture neuve. Idéal pour garder une image de marque au top.