- Les plateformes transmettent désormais automatiquement vos revenus au fisc dès que vous dépassez 2 000 € ou 30 transactions par an. Ces montants apparaissent directement sur votre déclaration d’impôts pré-remplie.
- En micro-entreprise, vous devez impérativement déclarer votre chiffre d’affaires brut (sans déduire la commission de la plateforme). En société, attention aux doublons ! Ces revenus ne doivent pas figurer sur votre déclaration personnelle car ils sont déjà soumis à l’impôt sur les sociétés (IS).
- Ce dispositif n’est que la première étape avant le e-reporting qui permettra à l’administration de suivre votre activité, ce qui rendra toute erreur ou omission beaucoup plus risquée (jusqu’à 80 % de majoration).
Vous êtes chauffeur et utilisez les plateformes VTC comme Uber, Bolt ou Heetch ? L’administration fiscale dispose désormais d’une vision complète sur vos revenus issus d’activités numériques. En effet, avec la directive européenne DAC7, les plateformes de mise en relation sont maintenant tenues de transmettre le détail de vos revenus au fisc. BVTC vous explique tout pour comprendre cette nouveauté et savoir comment les revenus des plateformes collaboratives doivent être déclarés à l’impôt sur le revenu.
La directive DAC7 : ce qui change pour la comptabilité
Depuis 2023, la directive européenne DAC7 oblige les plateformes collaboratives à transmettre automatiquement à l’administration fiscale les données de leurs vendeurs et prestataires pour les activités de vente de biens, de service personnel, de location de moyen de transport ou de location de biens immobiliers. Sont donc concernées les plateformes de mise en relation comme Uber, mais aussi Airbnb, Abritel, eBay, Malt Blablacar, Deliveroo, Getaround, Leboncoin, Vinted, Allo voisins, etc.
Si vous avez réalisé 30 transactions ou plus dans l’année, ou encaissé plus de 2000 €, les montants sont donc désormais pré-remplis dans votre déclaration de revenus. Ce dispositif a pour but d’améliorer la traçabilité des revenus et de faciliter le remplissage de votre déclaration d’impôt.
Tout gain qui fait l’objet d’une plus-value doit être déclarés dans le formulaire 2042-C-PRO, même si ces gains ne sont pas toujours imposables.
Pour le contribuable lambda, plus besoin de chercher ses relevés de compte, tout apparaît sur la déclaration. Mais pour un chauffeur VTC, tout dépend de son statut juridique.
Comment déclarer vos revenus en tant que chauffeur VTC ?
Chaque euro versé par Uber, Bolt ou Heetch est une donnée qui remonte au SIRET de votre entreprise. Mais les règles changent si vous êtes sous le régime de la micro-entreprise ou à la tête d’une société.
Déclarer les revenus des plateformes en micro-entreprise
Si vous exercez en tant que micro-entrepreneur, l’administration pré-remplit votre déclaration de revenus personnelle. Attention à ne pas corriger ce montant pour ne déclarer que ce que vous réellement perçu sur votre compte bancaire (le net). C’est une faute grave.
En micro-entreprise, vous devez déclarer le chiffre d’affaires brut dans la case 5NP « prestation de services » du formulaire 2042 C pro. L’abattement forfaitaire de 50 % pour les prestations de services est là pour couvrir vos frais, dont la commission des plateformes VTC. Si vous modifiez ce chiffre, vous vous exposez à un redressement.
Déclarer les revenus des plateformes en société
Les algorithmes de la DGFiP ne sont pas encore parfaits. Il arrive fréquemment que des revenus versés à une entreprise individuelle, une SASU ou une EURL (soumises à l’Impôt sur les Sociétés) remontent par erreur sur la déclaration de revenus personnelle du dirigeant.
La règle est claire :
- Votre société perçoit les revenus des plateformes.
- Votre société paie son propre impôt (l’IS).
- Vous, en tant que dirigeant, ne déclarez à titre personnel que les salaires (fiches de paie) ou les dividendes que vous vous êtes versés.
Si vous voyez apparaître des revenus des plateformes sur votre déclaration 2042 alors que vous êtes en entreprise individuelle, en SASU ou en EURL, vous risquez d’être imposé deux fois sur la même somme. Soyez bien vigilant. Il faudra supprimer ces montants et expliquer que ces revenus sont déjà déclarés dans le cadre d’une liasse fiscale professionnelle.
Le e-reporting en temps réel
Cette remontée automatique des revenus de plateformes n’est que la première étape d’un plan bien plus vaste : la facturation électronique.
D’ici septembre 2026, toutes les entreprises devront être en mesure d’émettre et recevoir des factures électroniques. Pour les VTC, cela signifie que le flux de données entre les plateformes et l’État va devenir instantané. Ce ne sera plus un récapitulatif annuel, mais un e-reporting en temps réel. L’administration saura exactement quel est votre volume d’activité.
Cette transition vise à supprimer la fraude à la TVA mais aussi à simplifier la vie des entreprises honnêtes. Plus besoin de saisir ses factures, elles seront transmises numériquement à votre expert-comptable et au fisc simultanément.
Les sanctions fiscales
Le temps de la tolérance pour oubli est révolu et les sanctions peuvent être particulièrement salées.
- En cas d’omission volontaire, une majoration de 80 % de l’impôt dû
- S’y ajoutent les intérêts de retard
Une déclaration pré-remplie vide ne signifie pas une absence d’obligations. Les bugs de transmission existent, alors pensez à tout vérifier. Appuyez-vous sur le récapitulatif annuel transmis par vos plateformes avant le 31 janvier pour garantir l’exactitude de votre déclaration d’impôts.
Pour un chauffeur VTC, un redressement sur trois ans peut littéralement couler une entreprise. C’est pourquoi l’accompagnement par un cabinet spécialisé comme BVTC est très important.
Ce qu’il faut retenir pour votre déclaration d’impôt 2026
Pour aborder vos campagnes fiscales sereinement, voici nos conseils :
- Récupérez vos récapitulatifs fiscaux : toutes les plateformes (Uber, Bolt, Heetch, Lecab etc.) ont l’obligation de vous fournir un document de synthèse. Téléchargez-les sur vos portails partenaires.
- Vérifiez les montants : comparez les sommes indiquées par les plateformes avec votre comptabilité réelle. S’il y a un écart, il faut comprendre pourquoi (souvent une question de décalage de versement).
- Soyez prudent : si le montant pré-rempli vous semble faux, ne le validez pas tête baissée. Mais ne le modifiez pas non plus sans avoir consulté votre comptable.
Vous avez un doute sur votre déclaration ? Les experts-comptables de BVTC répondent à toutes vos questions sur la fiscalité.